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 Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]

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Bêta
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MessageSujet: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Ven 27 Nov - 19:59

Dans le ciel nocturne de Londres, trop lumineux dans cette métropole pour que l’on puisse voir les étoiles scintiller, l’astre lunaire paraissait d’une couleur et d’un diamètre peu commun. En cette froide nuit de Novembre, les habitants de cette ville-fourmilière avaient droits – pour ceux qui étaient encore réveillés – à une super lune, périgée-syzygie. Toutefois, cette super lune n’était pas anodine : il s’agissait également d’une lune de sang. Deux phénomènes astrologiques peu courant qui se conjuguaient pour donner un tableau fantaisiste et ô combien magique. Elya Perton, la dévouée scientifique, ne faisait hélas pas partie du public. Epuisée d’une semaine harassante, elle s’était écroulée sur son lit et dormait profondément en ce moment. Cette super lune de sang allait marquer – peut-être est-ce là le destin en mouvement ou peut-être ne s’agissait-il que d’une curieuse coïncidence – le début d’événements qui allaient changer la face de ce monde. L’histoire se mettait en branle.
 
Endormie, la biochimiste rêvait, comme il lui arrivait de temps à autre de son laboratoire à la Oxford University. Un rêve au cours duquel elle revivait des scènes de son quotidien alors qu’elle menait ses recherches. A l’exception peut-être que ce laboratoire ci n’était pas exactement comme le sien. Il était pour ainsi dire immaculé avec ses murs d’un blanc parfait, ses paillasses qui sentaient bon le détergent et les centrifugeuses, thermocycleurs et autres machines qui semblaient tout juste sortir des entrepôts de l’industrie de laboratoire. La jeune femme aux longs cheveux comme des rayons de soleil et de lune tissés délicatement les uns aux autres, dans sa blouse blanche, était concentrée à la préparation d’un mélange de PCR. Elle se pensait seule dans son laboratoire, ce qui la mettait à l’aise. Elle n’avait pas encore remarqué l’homme à la paillasse de derrière qui, lui, était occupé à remplir une plaque à la pipette de précision.
 
Il s’agissait d’un homme qui semblait être d’une trentaine d’années, aux magnifiques yeux vert émeraude. Il avait des traits fins et le plus impressionnant chez lui étaient peut-être encore ses cheveux. Chaque mèche de ses magnifiques cheveux semblait luire d’un éclat qui lui était propre. Aussi bien qu’il fût globalement brun, il pouvait sous certains angles paraître du blond au roux. Une présence forte, imposante, royale même, auréolait l’homme. Pourtant, son visage offrait un magnifique sourire qui ne faisait qu’en rajouter à son charisme et son charme. Il arrêta de pipeter, déposant délicatement la pipette sur son portoir avant de se retourner sur sa chaise afin d’observer le dos de la jeune femme qui ne s’était toujours pas rendue compte de sa présence.
 
« - Toujours aussi concentrée dans ce que tu fais, ma chère Anna. J’ai toujours admiré cela chez toi. », entonna-t-il d’une choix chaleureuse et calme.
 
   
Un sourire un coin s’étira sur ses lèvres délicates alors qu’il observait la jeune femme prendre conscience de sa présence.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Ven 27 Nov - 23:39

Une voix retentit derrière moi. J'étais pourtant sûre d'être seule dans mon labo. Je sursautai, poussai un petit cri de surprise et me retournai violemment en me cognant le bassin contre le bord de la paillasse. Je poussai un autre cri, de douleur cette fois – ci et grimaçait en voyant que dans mon mouvement, j'avais fait place nette sur la paillasse. En d'autres termes, tout était tombé par terre, tout était à refaire, je soupirais en voyant les débris éparpillés sur le sol de lino. Je relevais vite la tête pour dévisager l'homme, mal à l'aise.


D'où sortait cet homme ? Pourquoi me regardait – il comme ça ? Et pourquoi était – il là ? Où avait – il déniché la carte magnétique pour entrer dans le labo ? Comment m'avait – il appelée, déjà ? Qu'avait – il dit précisément ? J'avais tellement été surprise d'entendre sa voix que je n'avais pas entendu clairement ce qu'il avait dit. Je respirai un peu trop vite pour quelqu'un qui n'avait pas fait de sprint. La panique sûrement, et la peur, il m'avait fait peur. Je déglutit. Je ne l'avais jamais vu nulle part, mais il me semblait familier.


Comme un rêve. A moins que ce ne soit un rêve. Comme ceux qui vont et viennent depuis un an. Non, ce n'était pas un rêve, c'était trop réel. Je réfutais cette hypothèse.


Tout en lui était surnaturel, déjà que je n'étais pas à l'aise avec les gens normaux… Lui, dégageait une sorte de sérénité imposante, qui me dérangeait profondément. Et j'ignorai pourquoi. Et je n'aimais pas ignorer quoi que ce soit. Et son petit sourire sûr de lui, tout ce que je n'étais pas, me donnait envie de faire une chose folle, comme lui jeter quelque chose à la figure… Mais non, j'ignorais d'où me venait cette impulsion, c'était ridicule, j'étais incapable d'une telle chose.


Je pris une longue inspiration, il fallait que je me calme. Mais il avait envahi mon espace. Mes rêves. Mon labo… Je n'aimais pas ça. Mais il était là, et je ne concevait pas de jeter quelqu'un dehors, j'en eus presque les larmes aux yeux. J'allais devoir lui répondre. Quoi qu'il m'ait dit. Je me sentais prise au piège. J'avais juste envie d'être toute seule dans mon labo. Je me raclai la gorge.


« Euh… quoi ? » dis – je d'une voix plus aiguë que d'habitude et avec une éloquence à tuer Cicéron. Je me raclai de nouveau la gorge, en me collant un peu plus contre ma paillasse, certainement dans le vain espoir de passer au travers et de devenir invisible.


« Euh, qu'avez – vous dit ? Je ne crois pas avoir compris. » demandai – je avec une voix plus… normale. Le regard fuyant, j'attendais sa réponse, me demandant quel mauvais karma avait voulu que ma tranquillité soit brisée ainsi.
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Bêta
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Lun 30 Nov - 14:34

Si le sourire de l’homme s’était quelque peu agrandi alors que la jeune femme renversait le contenu de sa paillasse sur le sol du laboratoire, il n’avait esquissé aucun autre mouvement, parfaite statue grecque. Son expression était tendre, un peu comme celle d’un père qui regarde avec une certaine fierté son cher enfant qu’il n’avait pu voir pendant une longue période. C’était cette impression qui émanait de l’homme actuellement et son sourire qui savait se montrer à la fois paternel et charmeur. Il laissa la jeune fille se dépatouiller dans ses pensées et dans ses interrogations, n’interrompant pas le fil de ses réflexions. Visiblement, elle était plus que perturbée de le voir dans son bureau. Contrairement au subconscient de Katherina, celui d’Anna ne le reconnaissait pas encore. Elle était plus stable que sa camarade, aussi les barrières qu’il avait érigées dans son esprit tenaient encore bien. Il allait probablement devoir ébranler leurs fondations. Le temps était venue, elle aussi devait se préparer.
 
Lentement, dans un mouvement fluide et gracile, il se retourna pour prendre la plaque qu’il avait préparée et la tendit délicatement à la jeune femme au cheveux blonds soleil et lune. Se penchant en avant pour lui donner la plaque, il laissa intentionnellement  échapper un petit rire taquin avant de fixer ses iris émeraude, qui semblaient luire d’un feu intérieur, dans ceux d’Elya.
 
« - Je me doutais bien que tu allais tout renverser. Ne t’en fais pas, je t’ai préparé une autre plaque. Elle est prête pour le thermocycleur. », reprit-il.
 
Son sourire s’était de nouveau élargi et dévoilait quelques dents d’une blancheur immaculée. L’homme, débarrassé de la plaque, se redressa en passant distraitement une main dans sa chevelure flamboyant de milles couleurs. Son regard n’avait pas quitté celui de la biochimiste.
 
« - Je saluais juste ta concentration, Anna. Hmm... Peut-être préfères-tu que je t’appelle Elya ? »
 
Il avait haussait un sourcil et avait pris un ton quelque peu sur-joué. Il voulait qu’elle se pose des questions et qu’elle se souvienne. Il savait que sa curiosité toute scientifique finirait par prendre le dessus. Il suffisait de lui donner matière à s’interroger.
 

« - Te souviens-tu de moi, Anna ? », entonna-t-il, son sourire s’épanouissant une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Lun 30 Nov - 22:32

Une plaque, dans mon champs de vision, qui apparut brusquement. Lentement, je posai mes yeux dessus, et remontai vers la main qui tient la plaque, et vers le bras, puis la tête, les yeux. Qui me fixent. Gentiment ? Et ce rire... Je frissonnai, comme celui d'un grand frère malicieux comme ceux des séries B. Je déglutis et pris lentement la plaque en faisant bien attention à ne pas toucher la peau de l'homme, et la posais précautionneusement avant de me retourner vers mon vis à vis, attentive et encore un peu en panique à cause de sa présence.


« Merci. » soufflai - je un peu malgré moi, après tout mes parents adoptifs m'avaient appris à être polie avec les étrangers. Et puis, malgré tout, c'était quand même ça de moins à refaire. Je n'allais pas me plaindre, même si je n'aimais pas trop l'idée qu'il aie anticipé ma réaction de quelque manière que ce soit.

Je fronçai les sourcils. Mais pourquoi m'appelait – il Anna ? J'allais lui faire remarquer qu'il devait me confondre avec quelqu'un d'autre – si tant est que ce soit possible si l'on considère le fait qu'on ne soit que deux dans le labo, et que ce soit mon labo à moi – mais il se reprit. Je plissai les yeux, intriguée par cet homme étrange avec des manies étranges et qui m'appelait avec un nom inconnu au bataillon.


« Et bien... Je suppose que je préfère Elya. Après tout, c'est mon nom. » remarquai – je en haussant faiblement les épaules, toujours tendue, comme prête à fuir.


Et j'avais la sensation qu'il se moquait de moi. Et j'avais beau être incapable de lui dire en face, je n'en pensais pas moins. Non mais, un minimum de respect, il était sur MON lieu de travail tout de même. Je jetai un coup d’œil sur la plaquette. Même s'il ne semblait pas être un manche dans un labo, c'était moi le chef ici... en théorie. En théorie... mais en pratique... bah, j'étais loin d'avoir le caractère pour être le chef de quoi que se soit. Je ne savais même pas comment je faisais pour gérer les classes de mes collègues parfois. J'avais aucune autorité. Aussi ne tentai – je même pas de le virer, c'était visiblement sans espoir quand je voyais sa confiance en lui.

Je pinçai les lèvres. En voilà d'une question ridicule. Bien sûr que non je ne l'avais jamais vu nulle part, sinon j'aurais réagit différemment. Peut-être. Sûrement.


« Euh, non. Pour tout vous dire vous m'êtes un parfait inconnu... » commençai – je avant de m'interrompre brusquement.

Mais alors d'où venait cette sensation de familiarité que j'avais depuis tout à l'heure. Ce regard qu'il avait fait lorsqu'il m'avait donné la plaquette, Lui, je l'avais déjà vu. Mais j'avais des doutes. Je redressai la tête et le fixai dans les yeux, plissant les miens, attentive au moindre changement d'attitude dans son regard, cherchant quelque chose, n'importe quoi qui m'expliquât cette sensation qui me serrait le ventre et me tendait le dos d'appréhension. Pourquoi appréhendais-je ? J'étais en terrain connu, si j'avais besoin d'aide je n'aurais aucun problème à contacter quelqu'un pour venir m'aider. Pourquoi avais-je peur de lui ? Que m'avait – il fait ?

Etait-il une pièce du puzzle de ma vie avant l'orphelinat ? Si oui, pourquoi venait-il me déranger maintenant ? Et pourquoi pas il y a douze ans, quand j'étais petite et perdue dans un hôpital désagréable ?

Mon cerveau commençait à s'échauffer, à créer et rejeter toutes sortes de théories plus étranges les unes que les autres. Mais plus encore, je sentis mes doigts picoter. Comme si l'électricité que 'javais dans le corps voulait sortir, et je savais qu'elle était sa cible. Et je ne désirais pas cela, j'avais trop besoin de réponses désormais. Mais par où commencer ?

« Quel est votre nom ? » demandai – je en m'efforçant – en vain – de me détendre. "Après tout vous avez l'air de connaitre le mien..."
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Bêta
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Mar 1 Déc - 19:21

De nouveau, il avait laissé la jeune femme réfléchir sans interrompre le fil de ses pensées. Il était d’ailleurs plutôt amusant pour lui de les suivre et de constater son incompréhension de la situation actuellement. Elle était tellement rassurée dans cet environnement, qu’elle n’avait pas encore réellement envisagée que tout ceci n’était en fait qu’un rêve. Certes un rêve qui semblait bien réel, mais un rêve tout de même. L’atmosphère était devenue quelque peu tendue, légèrement électrique. Elya avait du mal à se contenir. Elle n’avait jamais aimé ne pas comprendre ce qui l’entourait. C’était un trait de caractère qui ne l’avait jamais quitté. Malgré l’attitude défensive de la jeune femme, le sourire qui ornait le visage masculin ne s’était pas évanoui. Ses yeux prirent cependant un air plus sérieux alors qu’il semblait réfléchir aux questions posées par la jeune femme. Pourtant, lorsque sa voix calme retentit de nouveau, ce n’était pas pour répondre à la question posée – qu’il jugeait sans réellement importance.
 
« - Pourquoi je n’apparais que maintenant ? La réponse est plutôt simple, à vrai dire. Je devais vous protéger pendant ces douze dernières années. Et la seule façon pour moi de le faire était de m’assurer que toi et les autres vous ne vous rappeliez de rien et de garder mes distances avec vous. Tout du moins en apparence. », alors qu’il prononçait ses mots, son sourire se tinta d’une tristesse passagère avant de revenir à ce qu’il était.
 
Bien sûr, il n’avait pas été très clair, il le fallait. Garder le secret sur les événements passés et futurs serait nécessaire tant qu’ils n’auraient pas tous retrouvés l’intégralité de leurs souvenirs scellés. Cependant, il allait devoir faire en sorte qu’elle veuille se souvenir avant de briser les protections établies il y a bien longtemps.
 
« - Tes capacités t’intriguent-elles ? Oui, je sais ce que tu peux faire. N’aie pas peur, je ne te veux pas de mal, ton secret est en sécurité entre mes mains. », reprit-il d’un ton apaisant et légèrement détaché.
 
Il prit un des erlenmeyers qui se trouvait sur la paillasse contre laquelle il était adossé. Le tenant dans la paume de sa main ouverte, il éleva cette dernière à hauteur de leurs yeux. Tout d’abord, il ne se passa rien dans le calme du laboratoire. Puis, les reflets du verre se se mirent à onduler d’une façon qui n’avait rien à voir avec la diffraction lumineuse. Tout à coup, comme si le verre avait été de l’eau cristallisée, il s’effondra formant une flaque transparente dans la paume de l’homme – toujours souriant. Très vite, la flaque de verre liquide se mit en mouvement et reprit une forme solide, qui n’avait cependant plus rien à voir avec sa forme initiale. Une rose de verre se trouvait désormais dans la main de l’homme aux cheveux flamboyants. C’était une démonstration qui n’avait que pour but de faire comprendre à Elya en face de qui elle se trouvait.
 

«-Oh... on m’a donné de nombreux noms. Toi, tu voulais toujours m’appeler Dr Clyde, malgré le fait que je n’arrêtais pas de te dire que Alexander m’allait très bien. », il avait été un peu plus distant et son regard s’était quelque peu plongé dans le vide, comme s’il revoyait des scènes du passé.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Mer 2 Déc - 17:13

Je clignai les yeux, stupéfaite. A moins que j'ai bien fait remarquer tout cela à voix haute – et j'étais certaines que ce ne fut pas le cas – il pouvait lire mon esprit. Parce que j'avais pensé tout cela, je ne l'avais pas dit. Je sentis mon cœur battre plus fort et mon estomac se nouer. Il avait lu mon esprit. Comment étais-ce possible ? Non, question idiote, je savais comment c'était possible. Mais pourquoi lui ? Pourquoi moi ? Pourquoi ici ? Je grinçai des dents. J'avais un bon acteur en face de moi, capable de feindre la tristesse, et doué de pouvoirs, comme moi, visiblement, je grimaçai. Mon ton devint ironique.


« Mais oui, c'était tellement de protection que de tout ignorer de sa vie, si j'avais une famille, des amis, peut importait pour vous, n'est-ce pas ? Tant que je ne me souvenais pas ! »


Ma voix partit dans les aigus à la fin, j'avais la sensation de passer en mode hystérique, comme lorsque je perdais mon sang-froid auparavant. Je perdais le contrôle. Et puis ne pas se souvenir de quoi au juste ? Je m'en fichais, il envahissait ma vie, sa remarque m'étouffait car soudain je comprenais qu'il m'avait stalké toute ma vie. Qu'il m'avait observée. Et je n'aimais pas cela. Pas du tout. Je me tendais petit à petit, mes nerfs se crispaient dans mes bras, je sentais la fébrilité me gagner.


« En sécurité ? » répétai-je d'un air incrédule. « Vous… vous… »


Je gonflai d'indignation, et de peur. Parce qu'il savait et je n'aimais pas ça. J'avais tellement fait attention à ne pas attirer l'attention sur ça... Deux petites minutes. Il savait pour moi, il veillait à mon amnésie. Les deux étaient liés bien sûr. Avais-je maîtrisé ces pouvoirs avant de perdre de ma mémoire ? Celle-ci avait-elle été effacée à cause de ces capacités ? Si oui, pourquoi ? A part leur potentiel destructeur – ou pratique, cela dépends de la situation – je ne voyais pas ce qui justifiait de telles mesures. Mais peut-être cela expliquait-il les gens bizarres que je croisai dernièrement. Et cet homme qui – j'en étais persuadée – me suivait. Certains parlaient d'interventions du CST sur des gens lambda. Peut-être n'étaient-ils pas si lambda que ça, et qu'ils étaient comme moi, amnésiques et doués de pouvoirs. J'aimais encore moins cette idée, je secouai la tête comme pour la chasser. Je pinçai les lèvres en dévisageant l'homme aux yeux surnaturellement brillants.



« Je ne vois pas en quoi cela doit me rassurer, je ne vous connais strictement pas. » remarquai-je cependant sèchement. Je refusais de reconnaître cette proximité dont il parlait, ces souvenirs qu'il semblait m'associer.


Je sentais ma timidité naturelle s'envoler petit à petit. Cet homme m'agaçait prodigieusement. Mais tout retomba un instant sous la surprise lorsqu'il transforma l'un des erlenmeyer du labo en rose de verre. J'étais comme un ballon à l’hélium que l'on vient de dégonfler. Je me sentais ridicule, à mon niveau de maîtrise de mes pouvoirs comparé à lui. Mais je devinais qu'un jour je saurais faire ça, quand je voyais mes instruments changer de forme, ou d'état dans ma main parfois, sans raison, je comprenais. Il venait de déstructurer le verre. Et de le reformer, à sa guise. C'était incroyable. Je tendis malgré moi la main comme pour effleurer la fleur cristalline. Mais me repris bien vite en la retirant brusquement lorsqu'il recommença à parler.


Docteur Clyde ? Alexander Clyde, donc. Jamais entendu auparavant tentai-je de me convaincre malgré l'écho qui résonnait dans ma tête. Je tournai la tête quelques instants, faisait errer mon regard sur le labo dans son ensemble pour ne plus être attirée par la beauté simple de la rose de verre et comme pour échapper à cette voix enfantine qui vibrait indistinctement dans mon esprit. Mon labo si familier… Mais il manquait quelque chose. Je plissai les yeux et me retournai complètement, attentive à chaque chose. J'en avais oublié mon invité indésirable, je n'aimais pas ne pas savoir ce qui n'allait pas ici. Mon regard se fixa sur le tableau blanc où je notais mes formules ou certains schémas. Je clignais des yeux plusieurs fois. Il était blanc. J'étais pourtant persuadée d'avoir laissé des notes dessus le jours précédent. Mais il était immaculé. En fait, tout était immaculé, y compris le bureau dans le coin, là où je laissai mes fiches. L'air était calme, pourtant il y avait toujours un bruit de fond avec le mouvement constant des élèves aux alentours. J'étais pourtant sûre d'avoir tout entendu jusqu'à ce que l'homme apparaisse.


Je me retournai vers lui, les sourcils froncés. Il était entré dans ma tête et avait fait taire le bruit ? Mais comment expliquer la stérilité absolument complète du labo ? Je savais que c'était le bon, je… je le savais, point. Quelque chose n'allait pas, quelque chose était incohérent.


« Qu'avez-vous fait ? » soufflai-je lentement, en reculant de nouveau aussi loin de lui que possible.
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Bêta
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Mer 2 Déc - 19:01

Alexander resta un moment silencieux, son regard toujours porté sur la jeune femme blonde à qui il laissait encore du temps pour se calmer. Même lui, avait été quelque peu surpris par la colère et l’indignation qui étaient nées en si peu de temps. Il faut dire qu’elle avait toujours eu un certain côté explosif lorsqu’on la poussait trop loin. Pourtant, il était encore loin de ce qu’il voulait lui faire comprendre. Cependant, malgré son état, elle restait brillante. Elle avait vite compris qu’il ne servait à rien d’essayer de lui cacher ce qu’elle pouvait faire. Après tout, elle le savait, il était capable de lire dans ses moindres pensées. L’homme ramena son bras à lui et posa délicatement l’élégante rose de verre sur la paillasse vitrifiée. Il ne lui en voulait pas de sa réaction, elle était justifiée, pourtant son regard se fit froid et sa voix – bien que gardant son calme – devint glaciale lorsqu’il reprit la parole.
 
« - Penses-tu que ta famille, tes amis, d’antan auraient préférés te voir morte ou de savoir que tu étais quelque part en vie même si tu ne gardais plus aucun souvenir d’eux ? Tu te montres irrespectueuse et indigne de leurs sentiments à ton égard, Anna. »
 
Ses paroles fendirent l’air tel un couperet. Il ne bougea pas d’un cil pendant ce qui sembla durer une éternité, puis son visage se détendit, s’adoucit. Elya avait menée une réflexion intéressante. Elle commençait à faire des liens, notamment avec les projets du CST concernant ceux de leur espèce. Elle était probablement la plus vive d’esprit parmi les Alphas, c’était incontestable.
 
« - Effectivement, m’être assuré que tu ne puisses te souvenir de rien a rendu les choses plutôt compliquées pour le CST. Grâce à cela vous êtes tous passés inaperçus pendant douze longues années. A l’époque, avec la fougue de la jeunesse, vos pouvoirs étaient bien trop bruyants et liés comme vous l’étiez, vous n’auriez jamais supportés d’être séparés. », sa voix avait également reprit de cette chaleur qu’elle avait depuis le début de la conversation.
 
Elle se savait surveillée. Le CST n’était pas pour le moment de ses alliés, elle ne leur faisait pas confiance. Et, à lui non plus d’ailleurs. Contrairement à Katherina qui avait toujours gardé une certaine conscience de ses souvenirs et donc de lui, Anna n’essayait même pas de gratter la surface. Il le sentait très bien. A chaque fois que des bribes de souvenirs tentaient de refaire surface, elle regardait dans une direction opposée ; c’était ce qu’elle venait d’ailleurs de faire en entendant son nom. Elle n’était pas encore prête, pourtant, il n’avait guère le choix.
 
Un sourire taquin se dessina sur les lèvres de l’homme aux cheveux de milles éclats tandis qu’il regardait le laboratoire autour de lui. Elle avait finalement compris que quelque chose n’allait pas. Lentement, subtilement le décor commença à changer. Des petits détails tout d’abord, des rayons d’une lumière douce et chaude, un petit papillon aux ailes d’une blancheur nacrée qui passait devant le tableau blanc. Puis de l’herbe verte, couverte d’une délicate rosée, remplaça le lino ; les paillasses disparurent et il étaient maintenant assis sur des souches d’arbres recouvertes par du lichen ; les murs furent remplacés par de grands hêtres. Ils étaient au milieu d’une luxuriante clairière, doucement éclairée par le soleil d’une matinée de printemps. Autour d’eux, ils pouvaient entendre les bruits apaisants de la forêt.
 

« - Je n’ai fait que m’intégrer à ton rêve. Toutefois, si je peux me permettre, je trouve cet environnement plus propice à une discussion, ne penses-tu pas ? », de nouveau charmeur, Alexander regardait la clairière avec une certaine candeur alors qu’il parlait.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Ven 4 Déc - 22:30

Sa voix me glaça le sang, je frissonnai mais haussai un sourcil. C'était une façon de voir les choses, en effet. Mais c'était étrange. J'aurais largement préférer me réveiller amnésique et entourée de gens qui m'aimaient qu'entourée de parfaits inconnus et de froids policiers. Et j'aurais surtout voulue éviter de me retrouver dans ce fichu orphelinat. Et s'il avait quelque chose à voir là-dedans… Je lui en voulais. Point final, rien à redire dessus, c'était passé, ça ne changerait pas, mais ma rancœur, elle, pouvait subsister sir cela s'avérait nécessaire.


Il reprit du peps en répondant à mes questions… Du moins à mes pensées. C'était un peu perturbant. Je fronçai les sourcils et essayais de l'empêcher de lire, j'avais lu un truc pour se vider la tête comme… Comme fixer une surface. Voilà. Le coin de ma paillasse était passionnant à regarder. Vraiment. Vraiment. Vrai… Et pourquoi avait-il utilisé le pluriel ? Pourquoi parlait-il de liens ? J'avais des liens avec des gens ? Et qui ? D'autres comme moi ? Comme lui ? Où ça ? Comment ? J'étais perdue. Et j'avais oublié mes exercices de vidage d'esprit. Je me re-concentrais. Sans succès. Mon cerveau tournait à cent à l'heure. Je n'arrivais plus à l'arrêter.


« Vous ? » fis-je remarquer, intriguée malgré moi. Je devais m'éloigner, le virer. Mais je revenais invariablement lui poser des questions. Il attisait constamment ma curiosité. Et je sentais qu'il le faisait exprès. Mais je continuai à entrer dans son jeu, parce que je savais que je ne dormirais pas bien tant que je n'aurais pas mes réponses. C'était horripilant comme sensation : d'avoir conscience de se faire manipuler mais de continuer.


Surtout quand il faisait ce sourire, celui de celui qui sait quelque chose que j'ignore. Ce qui était le cas. Visiblement, et complètement. L'air changea, de stagnant, fermé, il devint virevoltant, la tension électrique rassurante que je sentais toujours autour de moi dans le labo disparu, pour laisser place au vide. Au bruissement des feuilles autour de moi, j'écarquillai les yeux. Non. Non. Non !


Je voulus courir vers la sortie, mais il n'y avait plus de sortie. Qu'est-ce que c'était que ça ? Ma respiration s'accéléra avec la panique. Qu'est-ce qui se passait ? Mon cœur se mit à battre la chamade, encore plus fort que tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il faisait de mon labo ? Je me sentis perdre pied, et pourtant j'étais toujours là, frébrile, comme un proie prise au piège par un loup. Je pouvais pas m'enfuir.


C'était un rêve… Non c'était mon rêve...


Je compris. La panique était toujours là, mais je la voyais comme de loin. Il n'était pas chez moi, dans mon labo. Non, c'était pire, il était entré dans mes rêves. Dans mon intimité la plus essentielle. Il avait violé le sanctuaire de mon sommeil. Et si je me sentais prise au piège s'était parce que je ne pouvais pour le moment pas me réveiller. Je pris une brusque inspiration. L'air n'avait pas d'odeur. Il avait osé… Il avait osé. J'étais folle d'indignation et en même temps je me demandai si j'arriverai à le lui faire remarquer avec politesse, comme mes parents adoptifs m'avaient appris. Je plissai le nez de dégoût. J'allais peut-être devoir y aller franchement en fait.


« Cette façon de faire… C'est répugnant. Si vous étiez venu me voir en vrai, même en vous incrustant comme ça dans mon labo, j'aurais peut-être accepté de vous écouter complètement. Mais là, je n'arrive pas à voir ça autrement que comme un viol. Et franchement, ça ne fais pas de vous mon ami. Tout passif qu'il y aie. Quoi qu'il se soit passé entre nous, c'est du passé. Un passé insaisissable pour moi. Alors je ne vois que le présent. Et très cher, dans le présent vous violez mon intimité de la pire manière qui soit. » réussis-je à dire calmement, froidement, en me sentant ridicule, le rouge me montant aux joues petit à petit.


J'attendis, le silence me paraissait éternel. Je me sentais extrêmement mal à l'aise d'avoir osé dire ça. Mais je le pensais, et puisque je le pensais, il le savait de toute manière. Donc quitte à voler un mouton autant prendre la laine aussi… Ça ne voulait pas dire que je le sentais positivement bien. Parce que j'avais beau dire, je sentais des mots affleurer, des images me frôler, je sentais que quelque chose voulait se manifester à la limite de ma conscience. Et je n'étais pas trop sûre de vouloir savoir ce que c'était, même si c'était mes souvenirs perdus.
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Bêta
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Ven 4 Déc - 23:56

L’homme ne put s’empêcher d’éclater de rire. Un rire cristallin qui brisa le calme alentour, délogeant un couple de perruches dans le hêtre le plus proche à sa droite. Son rire était beau, quoiqu’un peu sur-jouer. Mais s’il riait aux éclats, c’était ses yeux qui impressionnaient en cet instant. Ses iris émeraudes étaient froides comme la glace, cristaux gelés enchâssés dans ses orbites. Un tableau qui avait quelque chose d’effrayant pour qui était un peu observateur. Brusquement, le rire s’arrêta et le regard de glace fixa intensément la jeune femme aux cheveux d’un blond irréel qui se tenait dans la clairière avec lui. Bien qu’il soit plus sérieux qu’il ne l’avait été depuis le début de la discussion, il était amusé par la confusion et les demi-interprétations de la biochimiste.
 
« - Je te prie de bien vouloir m’excuser Elya, mais je n’ai pu m’empêcher de rire. Comment peux-tu espérer avoir une quelconque intimité en face d’une personne qui peut connaître la moindre de tes pensées, présente ou passé, consciente ou non ? En quoi cela aurait-il été différent de ma présence dans se rêve ? », annonça-t-il calmement.
 
De nouveau, il laissa du temps à la jeune femme pour qu’elle comprenne l’étendue des implications de ses révélations. Il était temps qu’elle réalise que certains pouvoirs n’avaient que peu de limites suivant l’utilisateur et son expérience. Même si elle n’avait pas encore développé la télépathie, elle avait déjà compris que leurs capacités évoluaient considérablement en fonction de la maîtrise qu’ils en faisaient. Et que cette évolution était fort différente en fonction des dites capacités.
 
« - Lire les pensées devient très vite une seconde nature pour tous télépathe. Nous ne nous rendons même plus compte que nous le faisons. Oh... Et, quant à venir te voir directement, j’ai pensé que tu n’aurais pas très apprécié, si tu tiens toutefois à la vie. Vois-tu, si j’avais débarqué à Londres alors que tu es surveillée par le CST, tu serais probablement déjà morte et ils auraient su que j’étais en vie. J’aurai alors été dans l’incapacité de t’aider toi, et les autres. », reprit-il.
 
Alexander avait parlé d’un ton léger mais le danger et la menace qui les attendait vibraient dans sa voix. Ses yeux avaient gardés leur froideur et en ce moment, la seule partie de lui qui semblait animée de vie était encore sa miroitante chevelure. Après une petite pause, l’homme énigmatique lui accorda quelques réponses supplémentaires.
 
« - Oui, je parle des autres enfants d’il y a treize ans. Tu ne t’en souviens toujours pas ? Tu n’étais pas seule à l’époque, et tu ne l’as jamais été depuis. Ils sont tous les cinq en vie et certains d’entre eux ont déjà commencé à récupérer leurs souvenirs. Ce sera également le cas pour toi à la fin de notre conversation. Que tu acceptes mon aide ou non, il est crucial que tu te souviennes, maintenant. »
 

Alors qu’il prononçait ses mots, il en profita pour ébranler les fondations de ses souvenirs scellés, pour déverrouiller les protections placées sur ses souvenirs d’enfance. Ces souvenirs ne lui reviendraient pas tout de suite, mais ils n’étaient plus bloqués et pouvaient maintenant ré-émerger à l’évocation, la vision, d’éléments familier. D’ailleurs, sa seule présence devrait probablement agir comme un déclencheur.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Dim 6 Déc - 23:20

J'avais donc raison de me sentir ridicule, je me mis à osciller d'un pied sur l'autre en ayant envie de m'enfoncer dans le sol qui paraissait plus mou que celui de mon labo. Forcément, c'était de la terre, je me sentais complètement à la masse. Je m'embourbais dans mes propres pensées – qu'il pouvait lire. A quoi bon ouvrir la bouche alors ? S'il entendait tout, et pouvait répondre à tout, c'était absurde de se sentir obligée d'ouvrir la bouche -avec toutes les sensations de honte associées – mais alors cela voulait dire que je devais me sentir gênée aussi de savoir qu'il pouvait entendre toutes mes pensées – et entrer dans mes rêves ? Je ne savais plus, j'étais perdue, toutes les limites que je m'étais créées dans ma vie venaient d'exploser.


Je hochai la tête vaincue par ses arguments censés s'ils en étaient. Même si je notais dans un coin de mon cerveau que c'était bel et bien le CST qui me suivait et me surveillait et que c'était bien à cause de mes pouvoirs. Savaient-ils pour eux, connaissaient-ils la moindre de mes capacités ou les découvraient-ils comme moi ? Voire après moi ? Je regardais Clyde, Lui, il savait. Il savait tout, je le voyais dans l'assurance de ses gestes et de ses paroles envers moi.


Et encore les autres... Mais qui ? Qui étaient-ils, m'étaient-ils vraiment liés d'une quelconque manière ? Je voulais dire, si j'avais un homme qui pouvait contrôler mes rêves et lire mes pensées en face de moi, il pouvait très bien manipuler ma mémoire et celle de d'autres pour que je crois me souvenir de quelque chose qui n'était pas... Je plissai les yeux en l'observant. Ou m'effacer la mémoire, non ? Il avait parlé de veiller à ce que je ne me souvienne pas, pas d'effacement de sa part mais... mais ça coulait de sens. Méfiance, ridicule, mais présente qui revenait à la charge.




Il me faisait peur, il sentait la menace dans ses mots et dans ses attitudes. Je n'aimais pas ça. Il sentait aussi trop l'autorité, et je préférais garder mes distances avec quelconque forme d'autorité... D'autres enfants... Il leur avait fait ça aussi... Cacher mon dégout me demanda toute ma concentration. Ce qui la rendit futile, puisqu'il le lirait en moi comme dans un livre ouvert, je me sentais vaine, de plus en plus. Et lasse... Mais je dormais pourtant, c'était aberrant comme ressenti ! Mais qui avait dit que les rêves étaient logiques ? Personne.


Je déglutis en sentant sous entendues toutes les implications de ce qu'il disait. Je le sentais, d'une certaine manière, ça allait être douloureux de se souvenir. Cela allait-il briser toute la vie que j'avais eu tant de mal à construire ? Pour laquelle j'avais sacrifié tant de temps et de forces ? Je me sentais abattue, dépitée. Et consciente de mon incapacité à l'empêcher de ruiner ma vie déjà pas facile à gérée avec mes fichus pouvoirs. Je soupirai et lui lançais un regard fatigué. S'il lisait mes pensées, il savait. Qu'il fasse ce qu'il voulait faire et me laisse en paix après.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Ven 11 Déc - 18:56

Le regard d’Alexander était perçant. Il avait suivit les réflexions tortueuses de la jeune fille, sans esquisser le moindre geste. Elle avait décidée de rester muette, se basant sur le fait qu’il pouvait lire ses pensées. Il était aussi surprenant que désolant de constater que c’était là l’attitude générale face à la télépathie. Il ne l’avait cependant jamais comprise, trouvant même cela un peut grossier. Son sourire s’étira en un petit rictus dédaigneux, mais rien de plus ne laissa transparaître sa consternation. Elya était troublée. Il y avait de quoi. Il venait de lui révéler des informations majeures sur elle-même et sur le monde qui l’entourait.
 
Pendant quelques secondes, une peine véritable se lut sur le visage de l’homme aux cheveux aux milles éclats alors qu’il constatait la méfiante congénitale de la jeune femme à son égard. Sa voix était pourtant calme et aussi neutre que précédemment lorsqu’il reprit.
 
« - Ne t’en fais pas pour le CST. Je suis, à l’heure actuelle, le seul sur cette terre à connaître l’exacte étendue de tes pouvoirs. », reprit-il avec un petit sourire discret.
 
Elle allait maintenant commencer à se souvenir et les choses allaient certainement changer radicalement pour elle dans les prochains jours. Elle n’allait probablement pas prendre la même décision que Katherina, pas pour l’instant en tout cas, même si sa vie en dépendait. Elle était trop méfiante envers lui, envers ce qu’elle ne connaissait pas et ne comprenait pas, pour les rejoindre au sein du Cercle. Alexander se leva lentement, dans un geste gracieux, et s’approcha d’elle, comblant la moitié de la distance qui les séparait avant de s’arrêta.
 
« - Tu sais, nous autre télépathes, préférons que nos interlocuteurs nous parlent, plutôt que de lire dans leurs pensées. Les pensées sont souvent fautives. Bien qu’importantes, elles ne sont pas des actes. », dit-il doucement.
 
Il esquissa un petit sourire bienveillant, avant de reprendre.
 
« - Je sais que tu n’as pas confiance en moi. Tu n’as pas besoin d’essayer de le cacher. Même en ne lisant pas tes pensées, je pourrai le deviner. Sache que, ce que j’ai fait, je ne l’ai fait que pour vous protéger de vous même et de ceux qui voulaient se servir de vous. Aujourd’hui encore, je te propose mon aide. »
 
Alexander s’interrompit, observant la jeune femme avec une tendresse qui avait quelque chose de paternelle. Il ne se faisait pas trop d’illusions, évidemment, mais il était venu lui apprendre d’avantage sur elle même et lui faire une proposition.
 
   
« - Si tu rejoins notre Famille, le Cercle, nous pourrons te guider dans la découverte et la maîtrise de tes dons. Et surtout nous pourrons assurer ta protection contre ceux qui nous menacent tous. Tu pourras également revoir Katherina, qui est des nôtres depuis un peu moins d’un an. »
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Lun 14 Déc - 22:28

Je soupirai.


« Voilà qui est rassurant. » dis-je avec un ton mi-figue mi-raisin.


Et je me rendis compte que j'avais ouvert la bouche et je me frappai intérieurement, avant de me dire que malgré tout, ça ne devait pas avoir d'importance ouvrir ou fermer la bouche. L'information passait tout de même. Je déglutis cependant lorsqu'il s'approcha de moi. Ce qu'il avait dit sonnait un peu trop comme une menace pour moi. Tout ce qu'il avait dit. C'était peut-être dû à ma méfiance congénitale contre toutes les formes d'autorités sortant du cadre du travail ou de la famille. Mais c'était ainsi, il était bien gentil mais je n'allais pas devenir quelqu'un d'autre parce qu'il avait claqué les doigts sous mon nez.


Enfin je crois. J’espère. J'ai eu tant de mal à me construire cette vie. Et voilà, je me sentais au bord des larmes.


Parce qu'il était là, qu'il bouleversait mon monde encore plus que mes pouvoirs ne l'avaient faits. Et qu'il parlait comme ces politiciens. Parce qu'il parlait de ceux qui avaient voulu se servir de nous mais il ne parlait pas de lui qui avait voulu se servir de nous. Et que je trouvai profondément hypocrite. Parce que je lisais malgré moi entre les lignes. Pourtant j'aurais aimé le croire.


Et ses regards réveillaient quelque chose en moi que j'avais tout fait pour éteindre lorsque j'avais compris que mes parents adoptifs ne m'aimeraient jamais vraiment comme leur propre enfant et qu'ils auraient toujours cette sorte de barrière entre eux et moi. Malgré tout. Et que je m'étais construite avec cette barrière et que lui, en entrant dans mes rêves et dans mes pensées. Et en jouant le père blessé par mes paroles. Il... Il...


Je pris une brusque et profonde inspiration.


L'écouter. Ne rien dire de trop. Ne rien penser de trop. Comme dit précédemment, c'était trop.


Katherina. Un joli nom, un nom qui me plaisait bien, quelqu'un qui devait être sympathique. Quelqu'un qui était vraiment comme moi. Mais non. Entrer dans cet espèce de groupe. Jamais. J'avais ma vie, ma vie construite, où j'étais reconnue et où je pouvais faire ce que bon me semblait. Découvrir, apprendre, comprendre. Seule. Le bonheur. Et si vraiment j'avais besoin de partir loin, s'ils voulaient me faire du mal. Je partirais loin, chez mes parents, dans une de leurs nombreuses maisons de vacances. Tranquille. J'avais beau être timide. Je pensais, je me sentais capable de gérer cela. Des objets qui fondent dans mes mains et deviennent autre ? Pas de problème après avoir failli griller toute l'alimentation électrique de l'université. Un jeu d'enfant. Hahaha.


« Non. » dis-je simplement. Qu'avais-je besoin de rajouter ? Il avait tout lu, entendu, peu importe. Il savait.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Dim 20 Déc - 19:27

Un rictus narquois apparut sur les lèvres d’Alexander alors qu’il observait Elya avec toujours autant d’attention. Etrangement, l’opinion qu’elle avait de lui ne cessait de se dégrader au fur et à mesure que leur conversation avançait. Pour une biochimiste, elle manquait hélas cruellement d’esprit analytique, obnubilée par ses craintes comme elle l’était. Elle pensait qu’il avait et même essayait actuellement de se servir d’elle. Cette absurdité le faisait sourire. Si seulement, elle pouvait savoir à quel point il se mettait lui-même en danger en venant l’avertir, même dans un rêve.
 
«- Libre à toi de penser que je désire me servir de toi. En effet, tu as du mal à penser mes actions comme étant purement désintéressées, n’est-ce pas ? Je ne t’en veux pas de penser ainsi. Si nous ne sommes plus exactement humains, je conçois qu’il est difficile de se débarrasser de leurs défauts. », il avait reprit d’une voix calme et tendre alors même que son regard était dur et froid comme de la glace.
 
La forêt autour d’eux avait soudainement commencé à changer. C’était comme si l’automne était arrivé en quelques secondes. Les feuilles viraient à l’orange et au rouge avant de se détacher et de tomber sur le sol devenu froid. Les bruits de la forêt avaient disparu et le soleil se faisait plus bas, plus froid, plus terne.  L’hiver approchait.
 
L’homme à la splendide chevelure miroitante leva les yeux au ciel avant de balayer l’espace de son regard émeraude. Son visage se ferma et ses traits devinrent sérieux. Il avait soudainement l’air plus... sage. On aurait dit qu’il était sans âge. Il avait soudainement une angoissante ressemblance avec ces statues qui représentaient les grands Dieux du Panthéon grec. Une aura de calme mais également de puissance contrôlée émanait de lui.
 
« - Un dernier conseil, si je peux me permettre. Si tu décides de faire bande à part, tu devrais quitter sans plus tarder ta famille, tes amis et tes collègues. Enfin, si toutefois tu tiens un tant soit peu à tes proches. Ta simple existence suffit à les mettre en danger, alors il voudrait mieux pour eux que tu t’en ailles loin, très loin, sans même les prévenir. »
 
Alexander ne s’était même pas la donné la peine de prendre une voix douce et compatissante. Il fallait qu’elle comprenne ce qui approchait pour pouvoir prendre les bonnes décisions aux bons moments, pour rester en vie. Les arbres avaient maintenant perdus toutes leurs feuilles et une nuit noire avait remplacée le soleil d’été.
 
« - Je vais bientôt devoir m’en aller. Il est cependant important que tu comprennes que nous sommes aux portes d’une guerre sans merci entre les humains et Nous. Une guerre dont l’issue décidera de l’espèce qui survivra. »
 
   
Alexander ressemblait de plus en plus à un Zeus tout puissant trônant au sommet du mont Olympe. Patriarche d’une nouvelle étape dans l’évolution de espèces.
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Sam 9 Jan - 12:14

Son changement d’attitude me terrifia autant qu'elle me rassura, car j'avais enfin l'impression qu'il était lui-même, oubliant le rôle qu'il voulait jouer pour moi. ET ses paroles me heurtèrent comme un mur à plein vitesse. Je me sentis pâlir et me mis à trembler comme les feuilles tombant autour de moi. Ce rêve devenait de plus en plus lugubre, angoissant. Et ses mots me pénétraient comme des flèches glaçantes. Abandonner ma vie, la seule chose qui me faisait encore tenir debout… C'était tellement inconcevable. Et j'avais beau fuir mes parents et mes collègues, je ne voulais pas leur faire du mal, même indirectement. Mes problèmes ne concernaient que moi.


Ou pas. Eux aussi, qui que soient ces « eux » .


Le soleil disparut soudain, un frisson me parcourut.


« Je… je vois... » dis-je en déglutissant et en baissant les yeux face à lui.


Ses dernières paroles me firent cependant redresser la tête vivement.


« D'où est-ce que vous me sortez une guerre, vous ? Nos pouvoirs ne font pas de nous des « autres », nous sommes tout au plus des humains améliorer si j'ai bien compris. Au pire des mutants, une nouvelle évolution humanoïde crée grâce à la biologie et des manipulations chimiques. Nous sommes artificiels, je doute que mes pouvoirs soient naturels, je le sens, je ne sais comment. C'est comme si vous vouliez tuer votre propre mère parce qu'elle est différente de vous ! C'est totalement absurde ! » remarquai-je, tellement intriguée par le concept que j'en oubliais ma timidité.


Spoiler:
 


Dernière édition par Elya Perton le Mer 27 Jan - 10:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]   Sam 9 Jan - 18:04

Quelques rares étoiles étaient apparues dans le ciel noir. Elles formaient une constellation inconnue de la jeune femme et brillaient d’un éclat qui avait quelque... de surnaturel. Seule la faible lueur de ces astres perçait le voile d’ombres qui s’était abattu sur la clairière ou se trouvaient Elya et Alexander. Cette lumière diaphane donnait des reflets inquiétant au visage de l’homme aux cheveux qui semblaient luire de milles couleurs différentes même au plus profond de la nuit noire.
 
Bien que ses traits étaient vagues de par la faible luminosité, le rictus amusé qu’il en entendant les paroles d’Elya n’avait pu échapper à la jeune femme. Alexander dans sa grandeur digne d’un inquiétant dieu grec s’amusait de la compréhension limitée de la jeune femme sur la situation actuelle, et surtout sur ce que représentait leur existence même.
 
« - Toujours des humains ? Tu ne peux être plus éloignée de la vérité, Elya. Nous sommes effectivement une nouvelle étape de l’évolution des Hominidés. Si les mutations qui nous ont créées ont été induites artificiellement, elles ont également affectées nos gonades, cellules reproductrices et sont donc transmissibles à notre descendance. Même si nous pouvons toujours nous accoupler avec les Hommes, ce n’est qu’une question de temps avant que nous nous scindions différemment de cette espèce. », dit-il d’un voix monocorde qui semblait à peine animée d’émotions.
 
Ses yeux émeraude fixaient la jeune femme, sans ciller. Leur pression était intense, même dans l’obscurité ambiante. Elle ignorait tellement de choses que, même s’il lui expliquait, elle ne comprendrait probablement que des bribes des révélations actuelles, quand bien même elle était biochimiste.
 
« - Nous sommes aussi différent de l’Homo sapiens qu’il l’était de l’Homo neanderthalensis. Et si tu te rappelles de tes cours sur l’évolution des espèces, lorsqu’une nouvelle apparaît, pour survivre elle se doit de détruire l’ancienne – à défaut de disparaître, elle même. Alors, comme Néanderthal a combattu l’Homme pour sa survie, nous le combattrons pour la notre. »
 
Alexander marqua une courte pause avant de reprendre de la même voix monocorde.
 

« - Et même s’il a fallu artificiellement accélérer l’évolution, vous n’avez pas été choisit de façon aléatoire. Nous avons dans notre génome la matrice des mutations fondatrices nécessaires à l’évolution de l’espèce. Notre espèce serait apparue naturellement bientôt. Il ne s’agissait que d’une question de temps. »
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Périgée-Syzygie et Histoire [PV Elya Perton]

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